Elise et Chuck, de la Guyane à la République Tchècque, en passant par Marseille

Voici l’histoire d’Elise. Découvrez toutes ses aventures, les lieux visités et les souvenirs qu’elle s’est créée avec Chuck.  

 

Chuck est un Berger du Caucase de 65kg qui a croisé ma route alors qu’il n’avait pas trois mois. C’était lors de ma venue en République Tchèque. J’habitais dans un vieux camion depuis plusieurs mois, au départ de Marseille. Je me suis garée sur les bords du Vlétuv, en plein Prague, et j’ai eu beaucoup de mal à en repartir tant la vie était animée et peu coûteuse.

Lorsque j’ai quitté la ville j’ai rencontré un Tchèque, Jiri, qui marmonnait quelques mots de français et, sur un coup de folie, je l’ai suivi dans sa montagne. Je suis restée dans sa famille à siroter les meilleures bières du monde, avec sa grand-mère et sa femme. J’étais à un moment de mon périple où je n’avais ni envie de bouger ni envie de rentrer… Pour partir il me fallait un truc en plus, une motivation différente, autre que le défilé des paysages magnifiques à travers mon immense pare-brise. La grand-mère de Jiri avait un chien iiiiiiimmmense, un Kangal, une girafe.
J’en suis tombée amoureuse, c’était une montagne de gentillesse. Un coup de cœur. Depuis toujours je voulais reprendre un chien mais c’était difficilement conciliable avec une vie décharnée. Du moins c’est ce que je croyais.
Jiri me trouve un chiot, pas un Kangal pour le coup mais, me dit-il, « beaucoup plus intelligent », on y va. La difficulté pour moi c’était qu’il me fallait les papiers passeport etc… Pour continuer le trip et reprendre la route. Ça tombait bien, la portée de chiots en question est une pure lignée de République Tchèque, les deux parents sont champions de beauté et d’attaque : les chiots sont tous en règle.
La première fois que je vois ces deux golgotes de parents, dressés debout à m’aboyer (et me cracher) dessus,  j’ai cru que j’allais mourir. Un mélange d’ours, de lion et de loup. Impossible pour moi d’avoir un chien qui me faisait si peur ! Puis j’ai vu les bébés et là… J’ai craqué, ce qu’il ne faut jamais faire bien sûr. Sauf que je ne l’ai jamais regretté.

Chuck m’accompagne depuis 4 ans où que j’aille, avec ses grosses pattes et son cœur énorme. Sa gentillesse m’impressionne tous les jours. Très grand gardien il s’approprie tous les lieux où je pose ma valise, même si ce n’est qu’une heure, il est assez incroyable. Il est pour moi les câlins et la protection, la compagnie et la dévotion.

Reboostée, je quitte la République Tchèque et je file en zigzague sur la carte européenne en sa compagnie. On rentrera en France un peu moins d’un an après. Puis, je décide de partir vivre en Guyane, reprendre le cours de mon futur et donc celui de mes études. Un département français en Amérique du Sud où il fait entre 25 et 30°C toute l’année et 80 à 95% d’humidité… Parfait pour un chien de la montagne super poilu ! Je me dis que je suis foutue, Chuck va beaucoup souffrir dans cette contrée. Sans parler des maladies, des insectes….
Les vétérinaires de métropole (qui s’y connaissaient encore moins que moi) m’ont fait peur. Tant pis je teste les premiers mois avec Chuck et on avisera ! Après le train, l’avion, et 12 h de trajet, nous voilà en Guyane. Je décide de tondre Chuck une fois par mois pour limiter les maladies de peau dûes à l’humidité et vérifier les piqûres d’insectes etc…

Les vétérinaires sur place démontent complètement les dires des vétos de métropole et je constate qu’il y a des chiens partout ici. J’y crois. Et puis voilà que nous attaquons notre troisième année sur la Guyane. Et tout est trop cool ! Depuis quelques mois, nous avons décidé de nous immerger dans la forêt amazonienne, chez les Wayanas, une tribu amérindienne sur la frontière Surinamaise. C’est le chouchou de tous les enfants et pas que…

Il est clair que voyager avec un chien demande une logistique supplémentaire… Tout comme voyager avec des enfants ! Désormais, la plupart des hôtels acceptent les chiens. Idem pour les restos, les bars… J’y vais très souvent avec Chuck ! Bon, souvent les gens changent de trottoir en nous voyant débarquer avec sa grosse crinière, mais on essuie rarement des refus où qu’on soit allé. J’ai du mal à comprendre les gens qui abandonnent ou donnent leurs chiens car ils déménagent… Juste parce qu’ils changent de ville voir de rue ! Aujourd’hui, tout est possible avec son chien. De plus, le passeport européen favorise tellement le passage aux frontières que ça devient un jeu d’enfants.

De même, il n’y a pas de choix de race à faire en fonction de ses prochains voyages. C’est du moins ce que je considère. Chuck n’est pas sportif, et pourtant je pars en rando. Je fais plus de pose, c’est tout. Il fait 65 kg, et alors ? Il prend l’avion tous les mois, c’est même moi qui l’installe dans l’avion ; où est le problème ? Il prend la pirogue, le train, le bateau, le bus… Je crois qu’il a tout fait. Ni sa taille ni son poids ne sont un problème. Et son adaptation à la vie tropicale s’est faite en quelque mois : il ne souffre plus du tout de la chaleur ou presque plus. Bref… Il n’y a aucune excuse pour abandonner son chien… Tant qu’ils seront avec vous, ce seront les plus heureux du monde !

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