Se protéger et protéger son chien contre la rage

La semaine dernière, un enfant de 10 ans a été hospitalisé à Lyon dans un état critique, après avoir contracté la rage lors d’un séjour au Sri Lanka, cet été. Lorsque vous partez en voyage avec votre chien, le vaccin antirabique est obligatoire. Si cette maladie peut sembler d’un autre temps, elle existe toujours et les voyageurs y sont plus exposés que les autres. Alors la rage, qu’est-ce que c’est ? Comment ça s’attrape ? Et comment faire en sorte que ni vous ni votre boule de poils ne soyez contaminés ?

Selon l’Institut Pasteur, la rage fait encore « des dizaines de milliers de morts chaque année ». Le plus souvent, elle est transmise par le chien, mais peut également être véhiculée par des chauves-souris, surtout en Europe. Ce virus est présent dans la salive de l’animal et peut infecter un Homme ou un autre animal par le biais d’une morsure. L’incubation peut durer quelques jours ou quelques mois.
Passé ce délai, la rage infecte le système nerveux et perturbe son fonctionnement. Aucune lésion n’est visible sur le cerveau, mais elle affecte les neurones et en particulier ceux qui gèrent l’activité cardiaque et respiratoire. Les premiers symptômes sont les suivants : de l’anxiété de l’agitation et des difficultés à avaler (dysphagie). Une fois que ces premiers symptômes se sont développés, l’évolution de la maladie est extrêmement rapide – tout au plus quelques jours. Les individus contaminés tombent ensuite dans le coma et décèdent, le plus souvent à cause d’un arrêt respiratoire.

Les voyageurs sont plus exposés

Si la France a été reconnue indemne de la rage en 1970, ce n’est pas le cas de tous les pays. L’Afrique et l’Asie sont les continents les plus touchés, mais de nombreux cas sont également référencés en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et en Europe Centrale. Vous trouverez ci-dessous, une carte du monde recensant les zones les plus à risque :

Lorsque vous vous rendez dans un de ces pays – surtout si vous emmenez votre chien – tenez-vous le plus loin possible des animaux sauvages, mais également des animaux domestiques. Mieux vaut éviter que votre toutou entre en contact avec eux et que vous ayez à vous en approcher également.

Si par malheur vous (ou votre chien) vous faites mordre par un chien sauvage dont vous soupçonnez qu’il pourrait être porteur de la rage, vous devez agir au plus vite. Commencez déjà par nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon, appliquer ensuite une solution antiseptique et filez chez le médecin, voire même dans un centre antirabique si vous en avez la possibilité. Là-bas, un traitement local post-exposition et une vaccination vous seront administrés. Les cas de contamination ne sont d’ailleurs pas si isolés qu’on pourrait le penser puisque, selon l’Institut Pasteur, « chaque année, 17 millions de personnes reçoivent un traitement après une exposition à des animaux chez lesquels on soupçonne la rage ».

La vaccination

Chez l’Homme, un vaccin préexposition est proposé à tous les individus qui ont un risque élevé de se retrouver confrontés à la rage, comme c’est le cas pour les voyageurs.  Si vos déplacements sont peu fréquents, vous serez vacciné, puis aurez un rappel à faire l’année suivante et ensuite tous les cinq ans.

Les choses sont différentes chez le chien. La vaccination contre la rage est obligatoire pour toutes les boules de poils qui voyagent hors de France. Un chien peut être vacciné dès ses trois mois et le vaccin est considéré comme valide 21 jours après administration (pensez dont à vous y prendre à l’avance !). Le rappel du vaccin est à faire ensuite tous les ans.

Le titrage antirabique peut également vous être demandé pour aller dans certains pays, mais surtout pour revenir dans l’Union Européenne si vous en êtes sorti. Mieux vaut – là aussi – vous y prendre à l’avance, puisqu’il faut compter 3 mois pour avoir le résultat du test.

Un examen en laboratoire est effectué sur un échantillon du sang de votre chien, au moins 30 jours après qu’il ait été vacciné. Le prélèvement est effectué par un vétérinaire et envoyé dans un laboratoire agréé par l’Union Européenne. Le résultat de cette analyse doit être supérieur ou égal à 0,5Ul/ml et détermine que votre animal produit bien les anticorps nécessaires pour lutter contre le virus. Une fois effectué, le titrage antirabique est valable à vie à partir du moment où tous les rappels de vaccins sont effectués en temps et en heure.

Vous l’aurez compris, mieux vaut ne pas oublier les rappels de vaccin contre la rage de votre chien ! Et si vous prévoyez de vous rendre avec votre toutou dans un pays à risque, faites-vous vacciner et éviter au maximum le contact avec d’autres animaux sur place. Pensez également à prendre avec vous la liste des centres antirabiques du pays, en cas de soupçon de contamination.