Que faire lorsque l’on est témoin de maltraitance ?

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Lors de notre dernier séjour en bord de mer, une chienne nous a accosté et suivi pendant une bonne dizaine de minutes, rendant Honny passablement nerveux. Bien que nous ayons essayé de la renvoyer vers son maître – situé 500 mètres plus loin et qui ne semblait pas s’inquiéter de la disparition de son animal – elle continuait à nous suivre, comme si elle voulait repartir avec nous. Son maître a fini par avancer dans notre direction, en l’appelant d’une manière agressive qui ne semblait pas convaincre sa chienne de retourner vers lui. Le comportement de cette chienne nous a fait réfléchir sur la notion de maltraitance et nous interroger : que faut-il faire lorsque l’on constate qu’un chien est maltraité ? A partir de quel moment peut-on parler de maltraitance ?

Pour commencer, il faut bien définir ce qu’est la maltraitance. Il s’agit, selon le dictionnaire de « mauvais traitement infligé à une personne (ou un animal en l’occurrence) que l’on traite avec violence, mépris ou indignité. La maltraitance implique un rapport de pouvoir ou de domination entre l’auteur et la victime, souvent dépendante et sans défense ».

Afin de dénoncer la maltraitance, il faut en connaître les signes. Un animal qui aboie de manière intempestive, qui est agressif, malpropre, qui est prostré peut être victime de maltraitance. Une boule de poils enfermée, laissée seule ou blessée peut également entrer dans cette catégorie.

Ce que dit la loi

Les propriétaires d’animaux de compagnie doivent mettre à leur disposition « de la nourriture équilibrée et en quantité suffisante pour le maintenir en bonne santé », mais également « de l’eau fraîche renouvelée et protégée du gel dans un récipient maintenu propre », selon la loi. Par ailleurs, en cas de blessure ou de maladie, l’animal doit bénéficier de soins, ne pas être enfermé dans un environnement froid, sans aération,  sans lumière (ce qui inclus les véhicules) et dans lequel ses besoins physiologiques ne sont pas respectés. Si vous constatez qu’un chien se trouve dans un tel endroit, semble visiblement manquer de nourriture ou est battu, n’hésitez pas à faire les démarches nécessaires.

La marche à suivre

Vous pouvez appeler les autorités en premier lieu, composer le 17 pour joindre la police, le 112 ou encore les services vétérinaires de la direction départementales de protection des populations. N’hésitez pas également à prévenir une association, comme la SPA ou encore la Fondation 30 Millions d’Amis. Ces dernières peuvent vous aider à collecter des preuves et vous épauler dans les démarches que vous mettrez en place, en se constituant partie civile notamment.

Attention : si jamais la police ou la gendarmerie refusent de se déplacer, vous pouvez toujours écrire directement au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de l’endroit où la maltraitance a été constatée.

Les réseaux sociaux peuvent également être d’une aide précieuse puisqu’ils sont de plus en plus utilisés pour identifier les auteurs présumés d’actes malveillants. Il existe d’ailleurs un site internet, mis en place par le ministère de l’Intérieur, dédié au signalement de « contenus ou de comportements illicites ». Vous pourrez certainement y trouver de potentiels témoins ou même le propriétaire de l’animal maltraité.
Une fois la plainte déposée, le procureur peut ou non décider de poursuivre l’auteur présumé des faits. Ce dernier encourt alors une peine variable en fonction de la gravité de l’acte commis. Il peut écoper d’une amende allant de 450 à 30 000 euros, l’interdiction temporaire ou définitive de détenir des animaux et une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

Afin de lutter contre la maltraitance animal – que vous la constatiez chez vous ou en voyage – n’hésitez pas à appeler les services compétents, accumuler un maximum de preuves et surtout ne pas laisser ces animaux dans la détresse.