Nutrition canine, les réponses à vos questions !

Que faut-il donner à manger à son chien ? En quelles quantités ? Quel impact leur alimentation va-t-elle avoir sur leur santé ? Greg Paternoster, community manager et spécialiste de la nutrition canine chez Atavik répond à nos questions.

Quels sont les besoins nutritionnels des chiens ?

Les chiens sont des carnivores. Donc, comme tous les carnivores, leur seul besoin nutritionnel impératif, c’est de manger de la viande fraîche. Tout le reste est superflu. Alors si vous avez un arbre fruitier au fond du jardin, ou si vous avez tenté tant bien que mal d’avoir un potager, vous savez que les chiens apprécient de temps en temps un fruit ou un légume frais. C’est essentiellement pour des questions de transit ; votre chien ajoute tout seul des fibres à son alimentation quand ses intestins en ressentent le besoin. Mais c’est globalement tout. Il suffit d’observer un chien retourné à l’état sauvage ou un loup pour s’en convaincre.

C’est dû au fonctionnement du système digestif du carnivore. Des intestins courts, une digestion courte : les aliments doivent être rapides à digérer et à assimiler. C’est le cas de la viande fraîche, qui possède un pourcentage d’humidité idéal, des protéines non-dégradées et des lipides peu oxydés. Le foie du carnivore est conçu pour assimiler ces protéines et ces lipides, et directement les transformer en glucides. Les glucides sont essentiels à tout être vivant, car il s’agit du carburant des cellules. Mais comme le foie fabrique et stocke ses propres glucides à base de protéines et de lipides, le chien n’a pas besoin de consommer de glucides supplémentaires. Enfin, mis à part ceux que l’on trouve naturellement dans le foie de ses proies !

Comment varient ces besoins en fonction de leur âge ?

Ils ne varient pas. Bien sûr, avec la baisse d’activité qui accompagne parfois la prise d’âge, le nombre de calories à ingurgiter peut diminuer. Mais ce n’est vrai que pour les chiens qui diminuent leur activité, ce qui n’est pas le cas général ! Il n’y a franchement aucune raison physiologique qu’un chien qui prend de l’âge perde du tonus. Les gammes seniors pour chien, c’est comme si l’on disait pour les humains qu’à 70 ans, il est obligatoire de ne plus faire de sport, d’arrêter le poisson et de passer aux compotes ! C’est le niveau d’énergie dépensé et la nécessité de renouvellement musculaire (beaucoup ou peu d’activité physique) qui conditionnent les besoins nutritionnels, pas l’âge.

Partant de là, le seul paramètre à faire varier selon l’activité du chien, c’est la quantité de la ration quotidienne.

Combien de repas doivent-ils faire par jour ?

Pour nous, et c’est seulement notre expérience des grands chiens, de l’élevage et des concours qui parle ici, 3 repas par jour. On peut baisser à deux repas par jour, mais moins, ça commence à être inconfortable pour le chien. Imaginez-vous devoir ingurgiter 1kg de nourriture d’un coup : vous allez être à plat pour le reste de la journée !

Il y a deux gros avantages à donner 3 repas par jour à votre chien. Le premier, c’est de prévenir la torsion de l’estomac. La torsion de l’estomac chez le chien provient d’un fait physiologique simple : le chien est un quadrupède. Dans son abdomen, l’estomac est suspendu et dispose d’une assez grande mobilité, notamment autour de son grand axe. Plus on alourdit le sac stomacal, en ne donnant qu’un repas ou en donnant de la nourriture sèche non-réhydratée par exemple, plus on augmente le risque de retournement de l’estomac. Et c’est fatal pour un chien sur deux.

Le second avantage est comportemental. Quand on a habitué son chien à 3 repas par jour depuis tout petit, on a synchronisé repas et déjection. Comme, en plus, ingurgiter déclenche les réflexes d’excrétion chez le chien, votre chien restera propre toute sa vie à l’aide de ce rythme. Le repas léger est suivi de la promenade de propreté qui ne prend plus que 2 minutes, et vous n’aurez plus que rarement de mauvaises surprises en rentrant chez vous le soir ou en vous levant le matin !

Les céréales sont-elles bonnes pour la santé des chiens ?

Les céréales n’ont rien à faire dans l’alimentation d’un carnivore. Tant que la meute de loup continuera de s’attaquer aux troupeaux de moutons et pas aux champs de blé, on peut être certains de ce qu’on avance ! On a maintenant des chiens qui n’ont jamais vu un morceau de viande fraîche, et que l’on a convaincu, par des arômes chimiques, que le maïs soufflé a le goût du poulet. Les conséquences de ces actions en terme sanitaire sont étudiées par de nombreux laboratoires depuis quelques décennies. Toutes les études scientifiques indépendantes en nutrition vétérinaire de ces 20 dernières années font le lien entre l’amidon de céréales, l’absence de nourriture fraîche dans le bol alimentaire du carnivore, et les problèmes de santé comme l’obésité, le diabète, les maladies hépatiques, les cancers, etc. Pourquoi remplacer alors la viande fraîche par de l’amidon de maïs et des farines animales qui peuvent rester des années entreposées à l’air libre ? Simplement parce que des croquettes à base de ces ingrédients coûtent 5 fois moins cher à produire que des croquettes à base de viande fraîche. Pour nous qui sommes propriétaires d’animaux, entre ces deux options, le choix a été vite fait.

Sans compter que ce ne sont pas les seuls risques des céréales. Les céréales mal entreposées, comme peuvent l’être celles destinées à l’alimentation animale, développent des mycotoxines, comme l’ergot de blé par exemple. Et l’ergotisme reste une maladie dévastatrice dans le domaine vétérinaire.

Quel impact a l’alimentation sur un chien ? Quels problèmes de santé une mauvaise alimentation peut entraîner ?

Pour un chien comme pour un humain, on est ce qu’on mange. Les nutriments sont les petites briques du vivant. Si les nutriments sont de mauvaise qualité, la santé se dégrade immanquablement.

C’est important dès la naissance. Un chien dont la mère ne mange pas de bons nutriments boit un lait pauvre. Cela peut affecter le colostrum et le rendre plus sensible aux infections entre 2 et 3 mois. Durant la croissance, sans viande osseuse, les os risquent de mal se développer, résultant à l’âge adulte par des problèmes articulaires. Ensuite, un chien mangeant des nutriments inadaptés au régime carnivore comme les céréales peut voir son état général affecté : peau sèche par manque d’Omega 3, donc poil terne et rêche, allergies alimentaires entraînant des problèmes digestifs et grattages, nourriture riche en polysaccharides

entraînant le surpoids et le développement du tartre et donc la mauvaise haleine, voire parfois la maladie parodontale, nourriture exclusivement sèche créant une déshydratation constante et à long terme des problèmes rénaux, nutriments essentiels en quantité insuffisante à l’origine du manque de tonus, etc.

Lorsqu’il est en surpoids, que peut-on lui donner à manger ?

Comme pour le chien âgé : strictement la même chose qu’un chien avec un poids adapté, mais en moins grande quantité. Et surtout, ne pas diminuer les lipides avec de la nourriture light ! Les lipides sont remplacés dans les croquettes light par des glucides, qui peuvent rendre le chien obèse bien plus facilement que le gras. N’oubliez pas qu’un chien est conçu pour digérer du gras animal mais pas des sucres complexes végétaux.

Si votre chien est un gourmand et qu’il réclame à cause de la diminution des quantités, un bon truc reste de hacher des fruits ou des légumes frais faibles en calories dans la ration, comme de la courgette ou de la pastèque. Et bien entendu, toujours réhydrater les croquettes pour alourdir la ration et protéger les reins !

Comment fait-on pour choisir ce qu’il mange ?

De la même manière que vous choisissez ce que vous mangez : selon vos goûts et vos besoins. Il y a 3 principes à suivre, selon tous les professionnels de la santé des animaux qui nous accompagnent : des viandes déclarées aptes à la consommation humaine, le moins de transformation possible et pas de produits chimiques. Pour cela, lisez les étiquettes. Est-ce qu’elles contiennent le nom exact de l’animal dont on a utilisé la viande ou non, voire la partie de l’animal dans la gamelle (cous de dinde, cœurs et foies de poulet, etc…) ? Est-ce que les ingrédients sont frais ou pas ? Est-ce que vous comprenez les procédés industriels derrière des mots comme farines animales ou hydrolysats ?

Quelle quantité faut-il donner par jour ?

Cela dépend d’abord de la taille de votre chien : un Saint-Bernard peut avaler le poids de plusieurs chihuahuas par jour ! Cela dépend ensuite de la densité et de la valeur nutritionnelle de l’aliment que vous lui donnez. Les croquettes sont incontestablement l’aliment le plus concentré en calories, c’est pourquoi leur quantité peut varier au gramme près. Pour d’autres aliments comme les pâtées ou le BARF [ndlr : alimentation à base de viande crue], les quantités sont plus variables selon les parties de l’animal utilisées, disons entre 2 et 5% du poids de votre chien. Il suffit de surveiller la ligne de votre chien : vous devez, pour la majorité des races, pouvoir sentir ses côtes sans les voir.

La quantité doit-elle varier en fonction des saisons ?

Les saisons ont incontestablement un rôle dans le régime de votre chien. Il suffit d’observer à quel point le poids varie chez un chien ou un chat entre le milieu de l’hiver et la fin du printemps. Chez un chat, cela atteint les 20% de variation de poids en plus ou en moins : transposé à l’humain, c’est comme si je passais de 80 kgs à 120 kgs en 7 mois ! Donc oui, la quantité de nourriture varie entre l’été et l’hiver. De même, mon Maine Coon ne mange quasiment que des croquettes Dinde-Poulet-Canard de novembre à avril en boudant la pâtée, mais ne mangera plus du tout de croquettes pendant le printemps et l’été. L’animal s’occupe tout seul de se réguler quand il mange des nutriments de qualité.

Peuvent-ils avoir une alimentation végétalienne ?

Nourrir un carnivore avec uniquement des nutriments d’origine végétale peut être assimilé à de la maltraitance, comme on l’a encore vu récemment. Le tube digestif du carnivore n’est capable de digérer aucun nutriment végétal : ni les protéines végétales comme le gluten, ni les glucides végétaux comme les fibres, ni les acides gras végétaux (à part quelques très rares exceptions comme l’huile de lin). Alors parfois, ça n’est pas gênant : les fibres, par exemple, aident au transit. Mais pour cela, il faut un bol alimentaire qui contienne au minimum 65% de protéines animales et d’acides gras d’origine animale par ailleurs.

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