Les gestes de premiers secours canins

Les gestes de premiers secours pour les chiens peuvent – comme pour les humains – sauver des vies. Il existe des cours de secourisme canin qui vous permettront de pratiquer toutes les procédures qui sauvent, mais en attendant, voici déjà quelques indications et conseils donnés par des professionnels de la médecine canine.

Nous avons contacté un vétérinaire, de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maison Alfort, qui ne souhaite pas être cité, mais qui nous explique : « il est avant tout nécessaire de rappeler que l’objectif du secouriste est de protéger, alerter et secourir au besoin. Il ne remplace pas le vétérinaire, mais a pour mission de reconnaître une situation d’urgence et la stabiliser si possible ». À chaque problème rencontré, certains gestes sont à effectuer, afin d’éviter le pire.

En cas d’étouffement

Si votre chien tousse, laissez-le essayer d’expectorer tout seul le corps étranger qui obstrue ses voies respiratoires. Pour favoriser cette expectoration, vous pouvez toujours le mettre en position de brouette. S’il ne parvient pas à l’évacuer tout seul, vous pouvez mettre votre main dans sa bouche, comme l’explique notre vétérinaire : « il ne faut pas hésiter à mettre toute la main dans la gueule si possible ». En revanche, s’il ne respire plus, effectuez un massage de Heimlich : « pour les grands chiens, mieux vaut être deux à le faire », explique notre vétérinaire, « formez un poing avec votre main et placez-le dans le bas de la cage thoracique de l’animal, à la base du diaphragme. Saisissez ensuite votre poing avec votre autre main et faites 5 poussées vers le haut, en forme de J. Les poussées doivent être douces, mais fermes ».

Attention : les risques de complications pulmonaires sont fréquents une fois le corps étranger expectoré. Rendez-vous donc dès que possible chez votre vétérinaire afin de contrôler que tout va bien.

En cas d’arrêt respiratoire

Si vous n’observez pas de mouvement respiratoire pendant 10 à 15 secondes, vous devez coucher (ou laisser s’il y est déjà) le chien sur le côté droit. Vérifiez ensuite la couleur de ses muqueuses : « leur couleur normale est le rose, si elles sont bleues ou blanches, c’est que la situation est vraiment critique ». Pensez également à vérifier la fréquence cardiaque en prenant le pouls de l’animal sur l’artère fémorale. « Si vous avez un pouls, mettez-lui la tête en hypertension, ouvrez sa gueule et vérifiez qu’il n’y a pas de corps étranger obstructif. S’il y en a un et qu’il est atteignable, retirez-le ».

Au contraire, si l’arrêt respiratoire est dû à de la fumée toxique, dégagez votre toutou le plus vite possible, en prenant toutes les précautions nécessaires, et faites-lui du bouche à truffe. « Vous devez mettre sa tête en hypertension et insuffler dans ses narines toutes les dix secondes ».

Il faut emmener le chien le plus rapidement possible chez le vétérinaire et, si vous le pouvez, avec quelqu’un qui pratique un massage respiratoire pendant tout le trajet. Notre vétérinaire insiste : « l’urgence, c’est d’intuber l’animal et de connaître la cause de sa détresse respiratoire, ce qui ne peut être fait que chez le vétérinaire ».

En cas d’arrêt cardiaque

« L’arrêt cardiaque se caractérise par l’absence de mouvements respiratoires, l’absence de pouls et des muqueuses blanches ». Lorsque vous y êtes confronté, vous devez pratiquer un massage cardiaque si vous voulez espérer que votre boule de poils s’en sorte. Pour cela, vous devez superposer vos deux mains vers le bas, en arrière de l’intersection du coude avec le sternum du chien et faire des compressions : de 80 – pour les grands chiens – à 120 fois – pour les petits chiens – par minute. Pour ces derniers, le massage s’effectue à une main avec le pouce à droite, et le plat de la main à gauche du thorax. Si vous en avez la possibilité, demandez à une tierce personne de prendre le pouls de votre chien pour vérifier l’efficacité du massage. Notre vétérinaire ajoute : « arrêtez-vous pendant 15 secondes toutes les deux minutes afin de réévaluer la situation ».

Après 20 minutes de massage, si l’état de votre chien ne change pas et que vous n’avez pas pu vous rendre chez le vétérinaire, arrêtez simplement le massage cardiaque. « Le pronostic, passé ce temps-là, est sombre. Il est toujours utile de tenter une réanimation cardio-respiratoire et un échec ne sera pas toujours synonyme de mauvaise réalisation, mais plutôt d’insuffisance de moyens ».

En cas de brûlures

Si la brûlure est due à la chaleur, vous devez tout de suite la mettre sous une eau à 20°C, pendant une vingtaine de minutes. Si la brûlure est chimique, utilisez des gants pour la passer sous l’eau et veillez à ce que le produit qui a brûlé votre chien ne coule pas sur d’autres parties saines de sa peau. Dans la foulée, contactez un centre antipoison.

Lorsque vous emmenez votre boule de poils chez le vétérinaire, pensez à le couvrir d’une couverture de survie si sa brûlure est étendue. N’hésitez pas à l’y emmener d’ailleurs, parce que « les brûlures ont tendance à s’aggraver dans les heures qui suivent ».

En cas de plaie profonde

Certains animaux sont plus sensibles à la douleur que d’autres. Si votre chien reste calme et vous permet de l’approcher, coupez-lui les poils autour de la plaie et désinfectez-la. Avant de l’emmener chez le vétérinaire pour évaluer la gravité de sa plaie et voir les traitements (antibiotiques, points de suture, etc…) dont il aura besoin, faites-en sorte qu’il ne puisse pas accéder à sa blessure. Pour se faire, vous avez la possibilité de lui mettre une collerette ou – et il est plus probable que vous l’ayez en voyage que la collerette – lui passer sa muselière. L’objectif principal étant bien évidemment que la plaie ne s’infecte pas et que les conséquences pour votre animal ne soient pas trop lourdes.

En cas d’hémorragie

Ce phénomène se traduit par du sang qui sort du corps par jets abondants : « les risques apparaissent dès la perte d’environ 20% du volume sanguin, soit par exemple, 16mL de sang pour un chien de 1kg ou 320mL de sang pour un chien de 20kg ». Afin de stopper cet afflux sanguin, il faut comprimer la plaie d’où il provient, avec des compresses ou un linge, dans la mesure où il n’y a pas de fracture ni de corps étranger dans cette plaie. « Attention, précise notre vétérinaire, si un corps étranger est présent, surtout ne le retirez pas. Et ne faites un garrot que si la compression directe est impossible ».

Si vous optez pour cette solution, faute d’avoir d’autre choix, contactez immédiatement le vétérinaire. L’heure à laquelle vous posez le garrot est importante.

En cas de morsure

Lorsque votre boule de poils se bat avec un autre animal, il peut arriver qu’elle se fasse mordre. Dans ce cas, notre vétérinaire recommande dans un premier temps de séparer les animaux, en évitant de mettre vos mains dans la bagarre. Elle précise qu’« on ne sait que rarement que l’animal qui mord est porteur d’une maladie. Si votre chien a une plaie, vous pouvez déjà la rincer immédiatement avec du sérum physiologique après avoir, dans l’idéal, coupé les poils ».

Et si votre chien est contaminé ou envenimé, vous devez tout d’abord garder votre calme. « En cas de morsure par un serpent, portez votre chien. S’il a ingéré des chenilles processionnaires, ne lui donnez ni à boire, ni à manger et ne frottez surtout pas. Votre chien a besoin d’une prise en charge médicamenteuse d’urgence ». Enfin, si votre compagnon de voyage fait une réaction allergique, qu’il se met à gonfler soudainement, vous devez le transporter chez le vétérinaire le plus proche.

Une fois que vous avez identifié le problème que rencontre votre compagnon de voyage, mettez au mieux en pratique les gestes de premiers secours qui permettront de le sauver. En suivant ces différents conseils, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que le voyage se passe bien.

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